Débats du Sénat - ORDRE DU JOUR

Le sénateur Chaput : Vous avez affiché un poste pour lequel la maîtrise des deux langues officielles est essentielle. Tout le monde s'entend sur cela. Ensuite, le comité de sélection a fait appel à une firme de recrutement pour l'aider dans le processus d'embauche. Est-ce qu'on a avisé cette firme de recrutement qu'il était essentiel que les candidats maîtrisent les deux langues officielles? Est-ce qu'on avait mentionné à l'avance aux employés de cette firme la grande importance de la maîtrise des deux langues officielles?

Mme Hassard : Bien sûr, l'agence savait que c'était là un critère important dans la recherche d'un vérificateur général.

Le sénateur Chaput : Comment l'a-t-elle appris?

Mme Hassard : Elle avait l'avis de poste vacant. Elle a participé aux discussions du comité lorsque les critères de sélection ont été abordés.

Le sénateur Chaput : Cela a été discuté au comité lorsqu'il a été question de la sélection?

Ils ont discuté de la maîtrise des deux langues officielles comme étant un critère essentiel? Cela a été discuté ouvertement entre le comité de sélection et la firme?

Mme d'Auray : Tout à fait, madame le sénateur.

Le sénateur Chaput : Très bien. Les gens de la firme sont partis du fait que la maîtrise des deux langues officielles était essentielle. Lorsqu'ils ont recruté les 400 premiers candidats, est-ce qu'ils ont reçu les curriculum vitae dans les deux langues officielles?

Mme d'Auray : La firme a communiqué avec quelque 400 personnes. Pour certaines d'entre elles, c'était pour des points de référence, pour d'autres, c'était pour leur demander s'ils ou elles voulaient que leur nom soit retenu. Dans la plupart des cas, les CV étaient fournis dans la langue de choix de la personne qui le soumettait.

Le sénateur Chaput : Lorsqu'ils ont accepté que leur nom soit retenu, est-ce que ces candidats étaient conscients du fait que la maîtrise des deux langues officielles était essentielle?

Mme Hassard : Le fait qu'il ait été demandé aux candidats d'évaluer leurs propres capacités linguistiques montre bien qu'ils savaient que la question intéressait le comité de sélection. J'ignore si on leur a expliqué en détail ce que cela voulait dire au juste, en ce qui concerne la maîtrise de la langue. C'était une autoévaluation.

Le sénateur Chaput : Est-ce qu'on le leur a été demandé au moment où ils ont soumis leur CV ou après?

Mme d'Auray : Après avoir retenu 30 personnes qui avaient accepté que leur nom soit porté à l'attention du comité, la firme a procédé à des entrevues auprès de chacune d'elles, après quoi elle nous a recommandé neuf personnes parmi les 30.

Le sénateur Chaput : Neuf personnes qui maîtrisaient les deux langues officielles?

Mme d'Auray : Comme ma collègue l'a dit tout à l'heure, parmi ces neuf personnes, il y en avait qui s'étaient identifiées comme étant bilingues et d'autres qui se trouvaient à différents niveaux de bilinguisme.

Le sénateur Chaput : Parmi ces personnes qui ont été retenues, est- ce qu'il y en a qui ont été sollicitées par le gouvernement ou même par le comité ou est-ce que ce sont uniquement des candidats recrutés par la firme?

Mme d'Auray : Ma collègue peut en dire un peu plus long sur le processus. Des annonces ont également été publiées dans certains journaux et dans certaines publications. Le poste a aussi été affiché sur les sites web de différents ministères. On a mentionné la Gazette du Canada, qui n'est peut-être pas lue par tout le monde, mais nous avons aussi utilisé des mécanismes de communication plus connus.

Le sénateur Chaput : Et vous avez reçu d'autres candidatures par l'entremise des annonces que vous venez de mentionner?

Mme d'Auray : Madame le sénateur, il y a des candidatures qui ont été soumises, il y en a qui ont été identifiées par la firme et d'autres qui ont été référées.

Le sénateur Chaput : Sur les neuf derniers candidats qui ont été retenus, combien avaient été recrutés par la firme et combien venaient de l'extérieur de la firme?

Mme Hassard : Je voudrais étoffer un peu le contexte.

L'agence elle-même a déployé beaucoup d'efforts de communication, et il y a eu aussi le bouche à oreille. Lorsqu'un nom était mentionné, nous le communiquions à l'agence pour que ce soit elle qui achemine les noms vers le comité de sélection. Elle a contacté des grandes firmes comptables et des firmes plus petites, le milieu des vérificateurs généraux des provinces, les organisations nationales de comptabilité, les présidents de comités ministériels de vérification et les sous-ministres fédéraux, le milieu des contrôleurs généraux des provinces, les cadres supérieurs du Bureau du vérificateur général et les directeurs financiers de l'administration publique ainsi que les dirigeants de grandes organisations cotées en bourse.

Le sénateur Chaput : Je comprends, mais j'aimerais savoir combien, de ces personnes, ont été recrutées directement par la firme et combien ont été référées à la firme par le comité.

Mme d'Auray : Madame le sénateur, on n'est pas en mesure de vous dire cela parce que, comme ma collègue l'a indiqué, que ce soit les personnes intéressées, les gens qui nous approchaient directement, les gens qui ont soumis leur nom en réaction aux avis de postes vacants, toutes les candidatures ont été référées à la firme. Nous les avons reçues par l'entremise de la firme, à qui nous avons confié le premier tri.

Le sénateur Chaput : Vous dites que le critère du respect des deux langues officielles n'a pas été modifié, mais nous avons la politique du Conseil du Trésor et cette politique n'a pas été respectée. Êtes- vous êtes d'accord avec cela?

Mme d'Auray : La politique du Conseil du Trésor, madame le sénateur, est un élément qui porte sur les institutions ou sur les fonctions lorsque les gens sont des fonctionnaires dans la fonction publique. Dans ce cas-ci, comme l'a indiqué ma collègue, le vérificateur général est un mandataire du Parlement et ne relève donc pas de la fonction publique canadienne. C'est au Parlement de décider et de nommer cette personne.